Au cours du dernier conseil d’arrondissement du lundi 2 mars, le Maire du 16ème, Claude Goasguen, a déposé un vœux pour changer le numéro du 93 rue Lauriston, immeuble de triste mémoire. Un certain nombres d’élus, toutes tendances, ont exprimé leur refus d’approuver ce vœux. Le sujet en serait resté là, si Monsieur de Charette ne s’était pas exprimé publiquement hier dans la presse et en particulier dans Le Parisien.
Dominique Baiguini, élue Nouveau Centre dans le 16ème a donc pris sa plume pour répondre à Monsieur de Charette. Nous publions sa lettre ouverte :
Mr Hervé de Charette Paris, le 4 mars 2009,
Lettre ouverte Monsieur le Député, Elue Nouveau Centre du XVIème arrondissement de Paris, je suis intervenue lors du Conseil d’arrondissement qui s’est tenu le lundi 2 mars à la Mairie, pour indiquer et expliquer que je ne pouvais voter le vœu concernant le 93 rue Lauriston. J’apprends aujourd’hui que vous êtes à l’origine de cette désastreuse initiative. Si vous avez tenu les propos rapportés par la presse “Le passé de l’adresse m’a tout de suite embarrassé surtout que je suis responsable d’un organisme franco-arabe. Ma requête partait d’une bonne intention : faire disparaître l’adresse de la honte. Je ne pensais pas déclencher cette controverse“ alors je suis réellement consternée par leur légèreté. Qui s’est exprimé ? le représentant d’intérêts privés qui oublie qu’il fût ministre de Jacques Chirac, premier Président français à reconnaître la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des juifs ou le locataire ingénu en mal d’adresse re-nommée ? Une telle schizophrénie confine à l’absurde et a eu l’effet inverse de celui escompté : le XVIème est encore caricaturé et fait la une des journaux pour le plus grand plaisir de ses détracteurs habituels. Allez-vous également débaptiser la ville de Vichy et le Lutetia siège de l’Abwehr ? Croyez-vous vraiment qu’un changement de numérotation peut faire disparaître les cris des suppliciés qui imprègnent encore les murs des caves du 93 rue Lauriston ? Nous avons un devoir envers ceux dont le sacrifice quasi anonyme nous permet aujourd’hui de vivre libres dans un pays libre et ce devoir est à tout le moins un devoir de mémoire. La France est un espace irremplaçable de liberté et de civilisation qui doit garder son rang dans la marche du monde et assumer tout son passé pour envisager l’avenir. Seuls les régimes totalitaires manipulent l’histoire et l’histoire se venge tôt ou tard. Européenne sans peur et Française sans honte, ces petits arrangements avec l’histoire pour des intérêts privés sont tout simplement inacceptables et pour ma part, je ne les cautionnerai jamais : non possum. Dominique Baiguini
Posté par Dauv, dans Histoire, Politique le 05 mar 09
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7 mars 2009 at 16:57
Il est indigne qu’un serviteur de la République comme le fut M. de Charette puisse envisager d’effacer une page d’histoire insoutenable par un simple oubli de n° d’adresse, en passant du 93 au 91bis de la rue Lauriston. Le souvenir est indispensable et nous ne pouvons pas porter cette responsabilité en mémoire de ceux qui sont morts pour la France pour un idéal républicain ou pour le simple délit d’être Juif . Le souvenir est indispensable pour les générations à venir, le futur se construit aussi avec le poids du passé.
Une France de la diversité et de la pluralité, c’est une France qui s’assume M. de Charette, sachez prendre vos responsabilités et vos informations autant par vos choix de localisation géographique de vos activités que par ceux qui pourraient être votre devoir de mémoire de citoyen français et d’ancien ministre de la République.